Mathéo Hannequin : apprendre à avancer à son propre rythme

Portrait noir et blanc de Mathéo Hannequin dans une ruelle enneigée

LEΛVER ZOOM · PORTRAIT D’ARTISTE

Il y a des moments où l’on avance sans avoir de plan parfait. On change d’avis, on laisse derrière soi ce qui ne nous ressemble plus, et l’on essaie de faire un peu plus de place à ce qui nous anime. C’est dans cet espace-là que la musique de Mathéo Hannequin trouve sa résonance.

Sur ses photos, Mathéo ne semble pas chercher à jouer un personnage. Un regard qui accroche l’objectif, une rue d’hiver, un instant capturé dehors : quelque chose de simple, presque cinématographique. Cette présence fait écho à ce que l’on entend dans ses chansons : pas une grande posture, mais une voix qui accepte de regarder les choses en face. Chez lui, la question n’est pas de savoir si l’on a tout réussi. C’est plutôt de comprendre où l’on en est, et ce que l’on veut faire de la suite.

Changer de pays, puis de trajectoire

Le parcours de Mathéo Hannequin commence par un déplacement bien réel : à 18 ans, il quitte la France pour Montréal. Au départ, le projet est celui des études. Mais la vie ne suit pas toujours le scénario qu’on avait imaginé. Peu à peu, la musique prend davantage de place, jusqu’à devenir le centre de son quotidien. Il choisit alors de réorienter sa trajectoire pour se consacrer à la chanson francophone.

Ce virage pourrait se raconter comme une histoire de grand saut. Ce qui nous intéresse davantage, c’est ce qu’il dit de la construction de soi : accepter qu’une première décision ne nous définisse pas pour toujours, et qu’un chemin puisse se dessiner en marchant. Entre la France qu’il a quittée et le Québec où son projet a grandi, Mathéo a trouvé plus qu’un décor : un espace pour essayer, écrire et devenir l’artiste qu’il avait envie d’être.

Mathéo Hannequin en portrait couleur, photographié en extérieur

Des chansons pour les périodes de transition

Il suffit de regarder les titres de ses chansons pour repérer un fil conducteur : Mes repères, Je suis là, Tout ce que j’aime. Trois phrases du quotidien, presque des pensées que l’on pourrait se dire à soi-même. Mais mises en musique, elles deviennent des points d’entrée dans des questions plus larges : qu’est-ce qu’on garde ? Qu’est-ce qu’on quitte ? Comment apprendre à être présent à sa propre vie, sans se mesurer en permanence à celle des autres ?

La pop-folk de Mathéo laisse respirer ces questions. Les guitares donnent une chaleur familière aux morceaux, tandis que la production garde une couleur pop actuelle. L’ensemble ne cherche pas à transformer chaque émotion en grand drame. Il préfère les nuances, les mouvements intérieurs, ces petits déclics qui n’ont l’air de rien sur le moment mais qui finissent par changer une direction.

« Heureusement » : un mot qui change la perspective

Sorti le 24 avril 2026, l’EP Heureusement réunit quatre titres : Heureusement, Mes repères, Je suis là et Tout ce que j’aime. Le projet se découvre comme une courte traversée plutôt que comme une démonstration. On y passe par le départ, le doute, la recherche de soi et le retour à ce qui fait du bien.

Le mot « heureusement » est intéressant parce qu’il ne nie pas ce qui a été difficile. Il déplace simplement le regard. Il rappelle qu’une période compliquée ne résume pas toute une histoire, et que les personnes qui restent présentes peuvent compter autant que les décisions que l’on prend seul. Ce n’est pas une recette pour aller mieux ; c’est une façon de reconnaître ce qui nous aide à continuer.

Choisir ce qui nous ressemble

Il y a quelque chose de particulièrement actuel dans cette idée : ne pas avoir besoin d’un itinéraire parfaitement linéaire pour donner du sens à ce que l’on fait. Les études, le travail, les attentes des autres, les envies qui changent… On peut parfois avoir l’impression d’être en retard sur sa propre vie. Les chansons de Mathéo ouvrent une autre perspective : avancer n’est pas forcément aller plus vite, c’est peut-être simplement arrêter de faire semblant d’être ailleurs.

Cette lecture n’enferme pas l’artiste dans un récit de développement personnel. Elle permet plutôt d’écouter ses titres comme on ouvre une fenêtre sur une période de vie. Chacun peut y entendre sa propre histoire, avec ses départs, ses hésitations et ses petites victoires. Et c’est souvent là que la chanson touche juste : quand une expérience intime cesse d’appartenir uniquement à celui qui l’a écrite.

À découvrir par soi-même

Pour entrer dans l’univers de Mathéo Hannequin, nous conseillons de lancer Heureusement dans l’ordre, puis de revenir au titre qui vous parle le plus. Pas besoin de chercher immédiatement une morale ou une réponse. Laissez les chansons faire leur chemin — et voyez ce qu’elles réveillent chez vous.

Pour suivre Mathéo Hannequin : Instagram officiel.

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